Légende "Ciney et St Materne"

"SAINT MATERNE "
(& Euchaire et Valère)

Disciple de "Saint Pierre", si l’en en croit des traditions vénérables, l’un des 72 disciples les plus proches du Christ, et, peut-être, comme l’ont affirmé certains chroniqueurs, le fils de la veuve de Naïm ressuscité par le Christ. Certains ont voulu reculer jusqu’au 4è siècle la vie de Materne et les débuts de I’Eglise dans le Nord de la Gaule, confondant sans doute avec un autre Materne, originaire de Lombardie, qui vécut à la fin du 3ème siècle, qui fut honoré de la confiance de l’empereur Saint Constantin le Grand lui-même, et qui participa aux conciles locaux d’Arles et de Rome (313-314).

C’est vraisemblablement entre l’an 42 et l’an 52 que trois missionnaires partent de Rome pour évangéliser la Gaule du Nord: Euchère et ses deux jeunes lévites Valère et Materne.

De Tongres, Materne descend vers la Meuse et se met à parcourir ces rives sauvages où n’existent que de misèrables huttes éparses dans les bois. Trois endroits seulement, ou plutôt trois rochers, présentent quelques habitations réunies: Namur, Maastricht et Dinant. Materne les visite et bâtit un oratoire au pied de chacun de ces rochers. A Namur, c’est à l’endroit où se trouve actuellement l’église Saint Materne, rue Notre-Dame, au pied de la citadelle. Étendant ensuite ses excursions sur les deux rives de la Meuse, il bâtit des chapelles aux endroits où se trouvent aujourd’hui les villes de Walcourt et de Ciney.

A propos de Ciney, une gracieuse légende raconte qu’un jour, les cinq fils d’un homme riche, Proconsul ou Gouverneur de la station de Ciney, montés sur un attelage pour une promenade dans les environs, virent leurs chevaux s’emballer et se diriger tout droit vers les étangs et marais d’Halloy. Malgré tous leurs efforts, ils ne parvenaient pas à maîtriser les animaux. En désespoir de cause, ils invoquent le Dieu de Materne. Et il n’en faut pas plus pour que les chevaux se calment et s’arrêtent au bord des étangs. Une autre version de la même légende raconte plutôt que les cinq enfants piquent une tête dans l’étang et se noient, tous les cinq, mais que Materne réussit à les ramener à la vie, provoquant du même coup la conversion de toute la famille à la nouvelle Foi. De plus, en reconnaissance, le Gouverneur céda un terrain pour y construire une église. Cette histoire, qui est à l’origine du blason à cinq têtes de la ville de Ciney, attire notre attention sur la présence en Condroz de Saint Materne. Pour ce qui en est de Walcourt, c’est Materne qui, selon une vénérable tradition, sculpte de ses mains la célèbre statue de la Vierge Marie, qu’il place sur l’autel d’un oratoire dédié à la mère de Dieu, édifié sur la colline dominant la vallée de l’Eau d’Heure, avec les débris d’un temple païen. Que cette histoire soit vraie ou fausse, elle prouve que nos ancêtres avaient parfaitement conscience que Materne était à l’origine du Christianisme et de la piété dans nos régions.

extrait de : JEAN HAMBLENNE
"SAINTS ET SAINTES DE BELGIQUE AU PREMIER MILLENAIRE"

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Date de dernière mise à jour : 17/10/2011

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